lundi 20 juillet 2009
dimanche 19 juillet 2009
samedi 18 juillet 2009
Vendredi 26 juin
Arequipa, jeudi 25 juin
Visite d’Arequipa. Un ciel limpide d’où tombe une lumière éclatante qui baigne une ville animée mais sereine, pittoresque et souriante. Sur les hauteurs, la campagne semble se fondre dans la ville.
Des maisons de style colonial, pimpantes, se mêlent aux bâtisses modernes, sortes de boîtes grises aux toits plats. Belles églises de style baroque.
A la nuit tombante, la ville s’anime. D’interminables files de mini-taxis se faufilent à travers les rues étroites et congestionnées dans un vacarme indescriptible de klaxons et de moteurs grondants.
Nous logeons dans un petit hôtel propret et accueillant.
Lima, mercredi 24 juin
Visite de Lima sous la houlette d’une guide parlant français nommée Ursula, sympathique et parfaitement professionnelle.
Le matin : Plaza de Armas, Plaza Dos de Mayo, la cathédrale, puis le Couvent de San Francisco.
L’après-midi, musée Herrera, où l’on peut admirer les célèbres céramiques érotiques pré-inca. En fin de journée, la "plage des amoureux", à Miraflores, le quartier chic de Lima en bordure du Pacifique.
Nous traversons San Isidro, autre quartier huppé où se traitent les affaires.
Déjeuner dans un excellent restaurant, connu pour ses spécialités de la mer, notamment son ceviche et son tiradito : « Pescados capitales » (un jeu de mots qui se fonde sur la proximité des termes « pescados » et « pecados » en castillan).
Lima, mardi 23 juin
Après le déjeuner, quelques emplettes à San Miguel, un centre commercial qui se veut une réplique des malls américains.
Nous traversons une zone d’habitations très populaire. Un soleil pour nous inattendu confère un aspect presque humain, vivable du moins, aux favelas qui escaladent les monticules de terre grisâtres, ces étranges collines dressées au milieu des faubourgs défavorisés de Lima.
Contraste marqué entre les différents quartiers de cette mégapole.
La poussière soulevée par une incessante circulation de voitures, de bus, de camions en un va et vient hétéroclite, se dépose sur de maigres arbustes dont le feuillage disparaît sous une couche de poussière blanchâtre. L’eau manque à ce point dans cette région désertique de la côte Pacifique que c’est miracle d’y trouver, épargnée par la pollution, une quelconque forme de végétation.
J’ai encore le loisir de relever ces quelques notations dans le livre de J.-B. Pontalis que j’ai amené pour meubler les temps morts du voyage. J’aime son style, soigné (si rare aujourd’hui !) comme l’est aussi celui de Jorge Semprun (par exemple dans L’écriture ou la vie ) :
"On ne renonce jamais à rien. Ecrire, s'écrire, c'est ça : s'assurer qu'on n'a pas vraiment renoncé, qu'à travers la succession des illusions défaites, la chose en soi demeure, qu'elle a la vie plus dure que la vie !" (p. 41)
"Quand le langage ne peut rien, le silence est de plomb." (p. 44)
"La puissance d'un art tient à ce qu'il s'affronte à ce qui le nie : la musique au visible, la littérature au silence. Pourquoi suis-je devenu psychanalyste sinon pour mesurer sans cesse le langage à ce qui n'est pas lui ?" (p. 53)
Paternité, filiation : des thèmes que mon séjour ici rend actuels et qui s’imposent à moi avec une insistance presque irritante. Peut-être parce qu’il y a quelque chose de puéril, et même de dérisoire à « vouloir », inconsciemment bien sûr, tromper la mort dans l’enfant. L’enfant, qui est précisément, paradoxalement, le signe vivant de notre imminente disparition : mystère de la vie qui ne fait que nous traverser…
Avoir un enfant – il s’agit bien du verbe avoir – pour ne pas vieillir, pour ne pas mourir : quelle pauvre ruse ! Peut-être, après tout, n’ai-je pas voulu céder à cette ultime tromperie ?
Dans la maison de C. coexistent et s’affrontent, tantôt s’aimant, tantôt s’ignorant, les deux extrémités de la vie : l’infans et le vieillard (l’un et l’autre si proches de l’aphasie…).
Nous traversons une zone d’habitations très populaire. Un soleil pour nous inattendu confère un aspect presque humain, vivable du moins, aux favelas qui escaladent les monticules de terre grisâtres, ces étranges collines dressées au milieu des faubourgs défavorisés de Lima.
Contraste marqué entre les différents quartiers de cette mégapole.
La poussière soulevée par une incessante circulation de voitures, de bus, de camions en un va et vient hétéroclite, se dépose sur de maigres arbustes dont le feuillage disparaît sous une couche de poussière blanchâtre. L’eau manque à ce point dans cette région désertique de la côte Pacifique que c’est miracle d’y trouver, épargnée par la pollution, une quelconque forme de végétation.
J’ai encore le loisir de relever ces quelques notations dans le livre de J.-B. Pontalis que j’ai amené pour meubler les temps morts du voyage. J’aime son style, soigné (si rare aujourd’hui !) comme l’est aussi celui de Jorge Semprun (par exemple dans L’écriture ou la vie ) :
"On ne renonce jamais à rien. Ecrire, s'écrire, c'est ça : s'assurer qu'on n'a pas vraiment renoncé, qu'à travers la succession des illusions défaites, la chose en soi demeure, qu'elle a la vie plus dure que la vie !" (p. 41)
"Quand le langage ne peut rien, le silence est de plomb." (p. 44)
"La puissance d'un art tient à ce qu'il s'affronte à ce qui le nie : la musique au visible, la littérature au silence. Pourquoi suis-je devenu psychanalyste sinon pour mesurer sans cesse le langage à ce qui n'est pas lui ?" (p. 53)
Paternité, filiation : des thèmes que mon séjour ici rend actuels et qui s’imposent à moi avec une insistance presque irritante. Peut-être parce qu’il y a quelque chose de puéril, et même de dérisoire à « vouloir », inconsciemment bien sûr, tromper la mort dans l’enfant. L’enfant, qui est précisément, paradoxalement, le signe vivant de notre imminente disparition : mystère de la vie qui ne fait que nous traverser…
Avoir un enfant – il s’agit bien du verbe avoir – pour ne pas vieillir, pour ne pas mourir : quelle pauvre ruse ! Peut-être, après tout, n’ai-je pas voulu céder à cette ultime tromperie ?
Dans la maison de C. coexistent et s’affrontent, tantôt s’aimant, tantôt s’ignorant, les deux extrémités de la vie : l’infans et le vieillard (l’un et l’autre si proches de l’aphasie…).
Lima, lundi 22 juin
Nous arrivons à la tombée du jour. Avant l’atterrissage, à peine le temps d’apercevoir les chalutiers ancrés dans le port de Callao.
Attente interminable avant l’apparition de nos valises sur le toboggan de l’aéroport. Certaines sont emballées dans un cocon de film plastifié : précaution utile contre les détournements et les vols, fréquents ici dit la rumeur ?
Lorsqu’enfin nous quittons l’aéroport, la nuit est tombée.
Impression de déjà vu. Sous chaque réverbère, un halo de lumière orangée. De part et d’autre d’avenues chichement éclairées, des bâtiments grisâtres, d’un seul étage, rappellent vaguement ceux du Caire.
La circulation est aussi chaotique que lors de ma première visite, il y a treize ans, et les véhicules, qui se faufilent et se croisent en tous sens, toujours aussi disparates. D’étranges mini-cabs font songer aux mini-taxis de Bangkok, en plus colorés, mais aussi en plus rudimentaires.
C’est ici l’hiver. La température, plus clémente que sous d’autres cieux, reste agréable, mais la pollution, sans doute aggravée par l’humidité ambiante, frappe immédiatement.
Un long périple à travers de tristes banlieues nous conduit jusqu’à la maison de C.
Le seul livre qui m’accompagne dans ce voyage est celui de J.-B. Pontalis L’amour des commencements. Je le lis à temps perdu, son découpage en textes brefs, apparemment indépendants (associations libres du psychanalyste ?), favorise cette lecture lacunaire. D’autre part, l’emploi du temps serré qui sera le nôtre durant les trois semaines à venir ne me permettra pas de longs moments de solitude.
Je relève ce passage, qui me parle : « …l’hypocrisie, je l’attribuais toute à la feinte que permet le langage, à son essentielle tromperie. Il la permet. C’est-à-dire qu’il la rend possible, mais il ne l’autorise pas, car il prétend dire ce qui est. Alceste, on s’en doute, fut le premier de mes héros culturels. Comme pas mal de garçons de cet âge, je me reconnus dans ses dénonciations. Ce n’était pas les hommes qu’il haïssait, c’était ce que les hommes faisaient du langage, ce que le langage avait fait des hommes. Voilà ce qui sécrétait sa bile noire. Seul le langage avait pouvoir de rendre malade et fou. Le langage ou la femme : je soupçonnais là une inquiétante équivalence. » (édit. Folio, p. 35)
Ne pas omettre de relever, dans la relation que je ferai du voyage, la façon dont certaines compagnies aériennes (nous avions choisi Iberia pour ses horaires) traitent maintenant leurs passagers comme du bétail. Laides hôtesses aux mines renfrognées, tout juste courtoises, qui vous distribuent sans l’ombre d’un sourire des plateaux repas à peine mangeables. Qu’il est loin le temps des accortes stewardess gracieuses et prévenantes - et celui des repas fins !
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